En 1960, en Belgique, les compagnies d'électricité voulaient développer la consommation d'énergie électrique. Comment ? En développant l'usage des téléviseurs par la création de réseaux de télédistribution par câbles coaxiaux. C'était une première en Europe : le téléspectateur belge allait pouvoir regarder 6 chaînes de télévision au lieu de deux pour les Français !
Le 10 novembre 1960, la Compagnie générale pour la diffusion de la télévision, en abrégé Coditel, a été créée.
L'idée du bureau d'études d'Electrobel était d'étendre le principe d'antenne collective déjà appliqué dans certains immeubles à l'ensemble d'une agglomération. Le premier réseau de télédistribution d'Europe fut ainsi inauguré en juin 1961 à Namur. La situation était idéale, la plus vaste ville de Wallonie est située au fond d'une vallée, où on ne captait rien. Toutefois sur les hauteurs de la ville on pouvait capter les chaines belges, françaises et hollandaises. On espérait sincèrement pouvoir ajouter au palmarès l'Allemagne et surtout le Luxembourg.
Coditel installa ensuite des réseaux en province de Liège, à Liège, Verviers et Visé. Mais, dès le mois de septembre, son expansion fut entravée par une nouvelle loi soumettant à l'accord du gouvernement toute nouvelle installation de réseaux.
Le 26 juillet 1965, Coditel crée une société à Bruxelles et obtient progressivement l'autorisation de s'installer dans différentes communes bruxelloises.
Elle se retrouvera en concurrence avec l'intercommunale Brutélé et avec Radio Public qui assurait toujours une distribution de programmes radio via des câbles téléphoniques.
En 1968, huit programmes étaient distribués : 4 belges, 2 français et 2 néerlandais. Les programmes allemands arrivaient dans de mauvaises conditions. Hélas aucun des réseaux ne distribuait Télé Luxembourg car le signal était trop faible. Diverses solutions étaient à l'étude mais le gouvernement belge refusait toutes liaisons par faisceaux hertziens internationaux. Pire, même si le CLT braquait un faisceau vers la Belgique, la Régie des Télégraphes et de Téléphones interdisait sa captation.
En 1970, les télédistributeurs ont obtenu l'accord de la RTT pour l'installation de faisceaux hertziens nationaux. Coditel installa à Saint-Hubert, dans le Luxembourg belge, une antenne qui captait le canal 7 de Dudelange et renvoyait le signal à Namur. Namur le dispatchait vers les autres réseaux. Le petit mât d'antenne de Bouge, qui avait déjà été remplacé par un pylône de 100 mètres, fut surmonté d'un élément de 50 mètres pour accueillir les antennes paraboliques.
Télé Luxembourg décroche un marché publicitaire énorme, qui a explosé en quelques mois. A la grande joie de la CLT et de sa régie IP-Bénélux qui n'avaient dû réaliser aucun investissement. Dans les années 80, Liège, ensuite Bruxelles pouvaient se vanter d'avoir le plus vaste réseau de télédistribution au monde, devançant les USA.
Par la suite, les réseaux hertziens furent utilisés pour envoyer les programmes de la BBC. L'offre atteignait une vingtaine de programmes, alors qu'en France, l'offre se limitait toujours à 3 chaines.

 

A partir de 1992, les différentes sociétés connurent un important mouvement de concentration via les sociétés intercommunales d'électricité.
Depuis, les câbles coaxiaux sont progressivement remplacés par la fibre pour les lignes principales. Cependant, les illustres coax ont toujours une place importante pour raccorder les abonnés, le débit étant suffisant.
Source Radio Magazine.
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