Lancée le 5 janvier 1971 par Roland Dhordain, Jean Garretto et Pierre Codou, une nouvelle radio venait d'éclore. Un style que les Parisiens n'avaient jamais entendu auparavant.
Une radio musicale et de service : Un fond sonore fluide et discret, fait de musique classique légère, qui se fondait dans des annonces de voix féminines.
Les annonces se voulaient courtes et pratiques pour la vie locale et la circulation dans Paris.
La radio était diffusée depuis l'émetteur de Romainville sur 514 m (585 kHz) avec 10 kW. C'était une fréquence de radiodiffusion permettant une couverture locale et régionale. Elle fut complétée, l'année suivante, par un émetteur FM sur 90,35 MHz, ce qui lui permettra de développer la stéréo.
Je m'étais rendu dans le studio de FIP dans l'imposante maison ronde et j'avais été accueilli par Jean Garreto.
Dans un climat feutré, tout le monde s'activait. Les annonces étaient sévèrement sélectionnées, car, comme me l'a rappelé Jean Garretto, il voulait faire de FIP « la radio la moins bavarde ».
L'animation de la radio était confiée à des femmes, appelées « les fipettes », en raison de la douceur de leur voix.
Comme il fallait impérativement avoir des bulletins d'informations, ils se limitaient à la diffusion des titres, 10 minutes avant l'heure afin que les auditeurs intéressés puissent passer sur Inter pour le journal.
Côté musical, il était aussi pointilleux : « Si un programmateur ne connait pas par cœur les dernières notes d'un morceau et les premières du morceau suivant, il n'a qu'à les écouter avant de les programmer. » Les enchainements de disques devaient être parfaits.
Le succès fut immédiat, donc les FIP se sont multipliés : la base musicale était envoyée aux régions qui y ajoutaient les infos. La famille FIP comprenant FIM (Marseille), FIL (Lille, Lorraine et Lyon), FIB (Bordeaux), FIS (Strasbourg), FILa (Loire-Atlantique), FICa (Côte d'Azur), etc. De 1972 à 1985, la station a été diffusée à Marseille sur 585 kHz et à Lyon sur 711 kHz.
On finit par entendre partout cette base musicale FIP : sur les autres réseaux pendant les émissions de nuit ; sur la radio des autoroutes et même pendant la diffusion de la mire sur la 3แต‰ chaîne de télévision.
En 1999, le plan Bleu est lancé par Jean-Marie Cavada, PDG de Radio France. La direction a trié selon les audiences : seules Bordeaux 96,5 et 96,7, Nantes 95,7, Paris 105,1, Saint-Nazaire 97,2 et Strasbourg 92,3 ont été maintenues ; les autres ont été remplacées par France Bleu et Mouv.
À partir de 2007, quelques rares nouvelles fréquences FM sans bureau local sont ouvertes (Marseille 90.9, Montpellier 99.7, Rennes 101.2 et Toulouse 103.5), etc.
En janvier 2011, la station cesse irrévocablement d'émettre sur les ondes moyennes à Paris depuis Romainville (514 m).
Avec la direction suivante, ce n'est pas mieux : à son arrivée, en 2014, le nouveau PDG de Radio France, Mathieu Gallet, envisage de fermer FIP.
Tombé en désuétude, le 19 juin 2018, FIP fait son retour à Lille avec une diffusion sur le nouveau réseau DAB+ (canal 7D).
L'année suivante, la PDG de Radio France Sibyle Veil annonce un plan d’économie entraînant notamment la fermeture des antennes locales de FIP à Nantes, Bordeaux et Strasbourg pour le 30 juin 2020. En raison du confinement dû au covid-19, la fermeture des antennes eut lieu le 18 décembre 2020.
Le seul espoir d'avenir pour FIP est que la couverture augmente suite au déploiement du DAB+. FIP assure, depuis 2016, une présence sur Internet en de multiples déclinaisons.
 
Source Radio Magazine
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